Et si le Père Noël était un jazzman comme les autres ?

La nuit de noël approche, le vent glaciale siffle dans les branches du grand sapin vert et transporte avec lui ses flocons de neiges par millier. Calfeutré derrière les rondins d'une cabane en bois, la théière siffle et la cheminée crépite. La dinde farcie aux airelles et aux abricots prend un bain de chaleur dans le four ronronnant tandis que les marrons chauds trônent sagement au centre d'une nappe dressé. Le gramophone tourne à plein tube : The Christmas Song de Nat King Cole succède à Santa Claus Bring My Man Black de Duke Ellington. Louis et Ella échangent quelques plaisanteries devant l'âtre du feu. Dans la maison, il flotte un air de fête.




Et si le Père Noël, sur son long chemin de neige blanche s'avançant avec sa canne dans la main, était un jazzman comme les autres ?

Si le Père Noël était un jazzman,
 il serait un pianiste américain au ventre rond, issu d'une famille nombreuse et religieuse...

Bien que natif du grand Nord européen, c'est aux Etats-Unis que le Père Noël fut popularisé. Dans le sud de la Louisiane, les enfants l'appellent Papa Noël, tandis qu'à New-York, il est Saint Nick, Santa Claus ou Father Christmas. De façon tout à fait hypothétique, si le Père Noël était un jazzman, il aurait pu naître au Missouri, Kansas City par exemple, avant de déposer sa hotte dans Lenox Avenue, le coeur de Harlem à New-York. 

Son père, le pasteur de l'Abyssinian Baptist, aurait onze enfants et voudrait qu'il devienne pasteur à son tour. A l'âge de six ans, garçon turbulent mais incroyablement doué, il serait fasciné par le piano de sa voisine, sensible aux chants religieux et particulièrement à l'orgue.

Un Père Noël qui n'aurait pas un peu d'embonpoint ne pourrait pas endosser le costume. Mais s'est-on déjà demandé pourquoi le Père Noël a tant de difficultés pour entrer par le conduit de nos cheminées ? Peut-être, en raison de l'aggravation de sa boulimie, après que sa mère dut être évacuée de chez elle par un treuil car son obésité lui interdisait de franchir la porte d'entrée, alors qu'il n'avait que 16 ans. Déjà, ses amis oubliaient son prénom, Thomas Wright, pour lui trouver un surnom plus évocateur...


Si le Père Noël était un jazzman, 
il serait généreux, adoré des enfants de tout âge et il verrait du pays...

Habitué de Broadway, son charisme, sa gentillesse et son éternelle bonne humeur feraient de ses apparitions un spectacle merveilleux. Parfois il lui arriverait de céder un chef d'oeuvre pour presque rien. Certains affirmes que On the sunny side of the street, I can't give you anything but love ou encore If I had you seraient de sa composition.

Les enfants de tout âge l'adoreraient. De gentils gangsters pourraient le kidnapper sous la menace d'une arme avant de le jeter dans une grande limousine, simplement pour l'offrir en cadeau d'anniversaire à leur patron : Al Capone. 

Enfin, la distribution des cadeaux à bord de son traîneau volant tiré par des rennes l'entraînerait à Paris en 1931, où il se produirait dans quelques clubs, mais aussi au Royaume-Unis entre 1938 et 1939, où il serait reçu en triomphe, invité dans l'une des premières émissions de la BBC.


Vous l'aurez compris, si le Père Noël était un jazzman, il serait pianiste, organiste, chanteur et chef d'orchestre. Si le Père Noël était un jazzman, il serait populaire et généreux. Si le Père Noël était un jazzman, il serait le grand maître du swing et du stride. Si le Père Noël était un jazzman, il serait Thomas Wright Waller, alias Fats Waller ! 

Playlist Paixao Hall #5

Le casque sur les oreilles, les chaussures encore pleines de sables...
C'est la rentrée sur Paixao Hall, le blog du Jazz & des musiques Tropicales !





1. Blues Jonjon Jacques Schwarz-Bart
2. Quero A Felicidade Daniela Mercury
3. Come Fly With Me Frank Sinatra
4. Modinha De Gabriela Gal Costa
5. Idoma Romano Sclavis Texier
6. Mixturaçao Carlinhos Brown
7. Moanin' Art Blakey
8. Aguas De Marco Joao Gilberto
9. Peri's Scope Corea Gomez Motian
10. Ivete Sangalo


Hall of Fame



Stanley Gayetzsky, plus connu sous le nom de Stan Getz !
"The Sound" - Saxophone Ténor

Carmen Miranda, The girl in the tutti fruti hat






L'Histoire de Carmen Miranda, "la fille au chapeau de fruit" a captivé le monde entier des années 30 aux années 50, aujourd'hui encore, elle est l'une des personnalités brésiliennes les plus connues à l'étranger. Ce succès, elle le doit à un charme indéniable, des talents certains et un style, inimitable.

Née Maria do Carmo Miranda de Cunha dans le nord du portugal en 1909, ses parents décident de migrer à Rio de Janeiro, alors qu'elle est enfant, elle y découvre très vite la samba, un genre encore considéré comme une sous-musique par l'élite brésilienne début du siècle. Employée dans un magasin de confections de chapeaux, elle a pour habitude de chanter en servant les clients jusqu'à ce qu'un d'eux l'invite à se produire au "National Institute of music" où elle se fait remarquer par l'un des musiciens qui lui fait enregistrer un titre à la radio carioca. Avec le titre "Tai", enregistré en 1930, elle devient la première femme à enregistrer un titre dans l'industrie du disque brésilien, alors encore très macho.

Elle connait un succès incroyable pour l'époque, les brésiliens l'a surnomment "A pequena notavel" ( la petite remarquable, du fait de sa petite taille : 1m53), on ne peut ignorer son succès, elle est présente partout, à la radio, au théâtre, au cinéma...

C'est en 1939 que Carmen apparaît pour la première fois sur scène portant son mythique chapeau de fruit. La même année, le producteur américain Lee Schubert l'a découvre à Rio et lui propose un contrat. Sa carrière aux Etats-Unis est fulgurante, dès ses débuts, alors qu'elle ne parle pas un mot d'anglais, la chanteuse fait sensation, son charisme séduit les médias américains qui "l'exotisent" à souhait, ils l'a rebaptisent "the brandy peach from brazil" (la liqueur de pêche venue du Brésil, en référence à l'effet qu'elle produit sur scène). Jouant de son mauvais anglais, elle est souvent dépeinte comme une bimbo aimant les hommes et l'argent, elle est d'ailleurs l'actrice la mieux payée d'Hollywood. Dans les années 40 Carmen est la reine de Broadway, tous les soirs, elle incarne avec humour le stéréotype de la brésilienne. "O que é que a baiana tem"  "Rebola bola" 

Cependant, lorsqu'elle retourne à Rio pour la première fois, elle est très mal acceuillie, accusée,  par les médias et l'élite nationale de s'être trop "américanisé", d'être trop célébre et trop riche pour une chanteuse de samba, un genre qui n'est alors pas digne de représenter le Brésil à l'étranger. "Mama eu quero" 

Malgrès cet accueil exécrable dans son propre pays, la brésilienne tourne la chose en dérision, comme elle sait si bien le faire, et en fait une chanson :"disseram que voltei americanizada" (ils disent que je suis revenue américanisée) 1940. De retour aux Etats-Unis, elle tourna plus de 14 films "dont that night in rio", "the gangs all here", "if I'm Lucky", elle est alors une véritable icône adulée et respectée à Hollywood bien que toujours victime de vives critiques.
                                                       
                                                       The Lady in the tutti frutti hat, 1943 :

Petit à petit, son état de santé se dégrade, son mariage, les médicaments qu'elle prend à outrance, et la fatigue physique l'a pousse a rentrer au Brésil pour un break avant de repartir une dernière fois pour assurer le show à Hollywood, jusqu' à ce qu'elle succombe d'une crise cardiaque sur scène durant  "The Jimmy durante show" . Elle avait 46 ans.

La "bombe brésilienne" comme les médias américains aimaient l'affubler, avait un vrai sens de l'auto-dérision et  prenait un malin plaisir à dire qu'elle faisait du business avec des bananes, et pour cause, ses plus fidèles alliés sont, sans aucun doute, les fruits, devenus sa marque de fabrique, qu'elle aimait arborer fiérement, on l'aura compris, sur la tête. Ce stéréotype qu'elle incarnait, elle l'adorait et le cultivait, elle compris avant tout le monde l'importance de l'image dans ce monde qui évoluait au rythme des écrans de cinéma, elle fut maitre de son image et en fit un vrai business. "The Lady in the Tutti Frutti Hat"

Carmen Miranda c'est avant tout une pionnière, pour les femmes, dans une industrie musicale brésilienne dominée par les hommes, pour la culture de la samba qu'elle avait adopté et défendu  durant toute sa carrière, pour les femmes latine dans le cinéma Hollywoodien.

Aujourd'hui encore, son style à nul autre pareil inspire les grands créateurs du monde entier et les lignes éditoriales des plus prestigieux magazines de mode. Il existe une foule de bijoux, de chapeaux, de vêtements inspirés directement de son style. C'est aussi à Carmen Miranda que les sambistes d'aujourd'hui doivent le port des chaussures à plateforme lors du défilé du carnaval, elle fut la première à porter des talons vertigineux pour danser, en raison de sa taille. La fusion entre la culture brésilienne et le faste de broadway captive n'importe quel auditoire, un mélange décomplexé qui respire la joie de vivre et la spontanéité.


Par C.Pestana

Journée mondiale de la poésie

Tom Jobim & Vinicius de Moraes
Ce 21 mars, le monde entier célèbre la poésie !  Sur Paixao Hall, la poésie, c'est un peu tout les jours ça fête. Servie sur un plateau par Clara Nunes ou sublimée par Chet Baker, la poésie est partout présente. Alors lorsqu'il a s'agit pour nous de dénicher le poète à mettre en lumière, spontanément, un nom c'est imposé. Celui d'un éternel adolescent en quête perpétuelle de romantisme et dont à sa mort on s'étonna qu'il eût déjà 67 ans : Marcus Vinicius da Cruz de Melo Moraes, un poème à lui tout seul ! 

Vinicius de Moraes
Affectueusement surnommé le petit poète, Vinicius à tout d'un grand. Avant de devenir l'un des pères fondateurs de la Bossa Nova avec les succès mondiaux que tous connaissent ( "Chega de saudade"  "Si todos fossem iguais a você" & "Eu e amor"), le natif de Rio écrit ses lettres de noblesses dans la littérature brésilienne en publiant dès 1933 plusieurs recueils de poésie. Le mixte entre les études de la poésie anglaise à Oxford et la vie nocturne des sambas est détonnant. Au compteur, plus de 400 poèmes mit en musique par les plus grands instrumentistes de l'époque ( dont Antônio Carlos Jobim,  Joao Gilberto, Baden Powell & Stan Getz ) et beaucoup d'autres inscrits à jamais dans le patrimoine mondiale de la poésie. 

Vinicius de Moraes, Sonnet de l'amour total


Vinicius de Moraes, poème

Helô Pinheiro at the beach in the 1960's

SONNET DE L'AMOUR TOTAL
SONNET DO AMOR TOTAL 


Je t'aime tant, mon amour... il ne chante
Amo-te tanto, meu amor... nao cante
De coeur humain avec plus de vérité...
O humano coraçao com mais verdade...
Je t'aime comme ami et comme amante
Amo-te como amigo e como amante
Dans une continue réalité multiple
Numa sempre diversa realidade.

Je t'aime ainsi, d'un amour calme et attentif,
 Amo-te afim, de um calmo amor prestante
Et je t'aime de plus dans le manque.
E te amo além, presente na saudade
Je t'aime enfin avec une grande liberté
Amo-te, enfim, com grande liberdade
A travers l'éternité et à chaque instant.
Dentro da eternidade e a casa instante.

Je t'aime comme un animal, simplement, 
Amo-te como um bicho, simplesmente
D'un amour sans mystère et sans vertu
De um amor sem mistério e sem virtude
Avec désir massif et permanent.
Com um desejo maciço e permanente.

Et de t'aimer ainsi tant et souvent,
E de te amar assi, muito e amiude
Un jour en ton corps subitement
E que um dia em teu corpo de repente 
Je mourrai d'aimer plus que je peux.
Hei de Morrer de amar mais do que pude.

Vinicius de Moraes,   
Sonnet do Amor Total
(Sonnet de l'amour total)

Etats Généraux du Jazz en France (la suite encore !)

Depuis ses balbutiements nous avons eu à coeur de vous tenir informé des multiples péripéties qui jalonnèrent l'aventure des Etats Généraux du Jazz en France. Les plus avertis d'entre vous trépignent d'impatience ! Pour les derniers arrivés, pas de panique, un bref rappel s'impose ... 

(Illustration) de g. à d. : Sartre, Vian, Michelle & Simone de Beauvoir
Bien avant la chaleur de l'été nous nous faisions l'écho, ici même, de l'Appel à des Etats Généraux du Jazz en France. L'entreprise fut orchestrée par un collectif de professionnels et de spécialistes. N'écoutant que leur courage, ces vaillants défenseurs de la production et de la richesse culturelle française avaient rencontré le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand. Découvrez dès maintenant le Rapport d'étape sur la situation de la filière du Jazz en FranceAu terme d'un échange cordiale, l'organisation d'une journée de présentation du rapport et des débats avait été évoquée. 

C'est désormais chose faite ! La date a été fixée au 19 mars. La journée de présentation se déroulera de 10h00 à 17h00 à la Maison de la Poésie (Paris 3 ème). Cinq table-rondes composées de membres du groupe de travail et d'invités agrémenterons cette journée d'échanges et de débats sur l'avenir de la filière Jazz en France. Saluons une première réussite pour les rapporteurs du groupe de travail - Laurent CoqPierre de Bethmann & Alex Dutilh - grâce à qui les Etats Généraux du Jazz prennent corps ! 

Festival Banlieues Bleues 2012

Du 16 mars au 13 avril, le festival Banlieues Bleues résonnera en Seine-Saint-Denis ! Comme à notre habitude, nous avons sélectionné le meilleur, la crème de la crème, de cette 29e éditions de Jazz.
Programmation complète et renseignements sur Le Site de Banlieues Bleues.

Ray Lema Station Congo + Jupiter & Okwess International 24/03 20h30 Espace Paul Eluard, Stains

Ray Lema n'était jamais revenu dans son pays natal depuis l'année 1979 ou il quitta les Etat-Unis pour enregistrer son premier disque solo.  Éternel voyageur, du rock à la rumba en passant par le Jazz, Ray Lema réunit sur scène les forces vives de sa patrie pour brosser un portrait sonore endiablé du Congo. Le pianiste-compositeur a notamment fréquenté Manu  Dibango et Joachim Kühn.

Jupiter & Okwess International vous rappellera sans doute la joie de vivre de Staff Benda Bilili. Rien ne relève du hasard, les deux groupes ont réalisé leurs films avec le soutien des mêmes producteurs. Jupiter & Okwess International c'est un groupe qui suinte le groove urbain de Kinshasa. Des faux airs de Fela Kuti capables de vous renverser à tout moment, une révélation ! 



Jukebox + Romano, Sclavis, Texier invitent Bojan Z & Nguyên Lê
01/04 16h30 Espace Lumière Epinay-sur-Seine

Jukebox est constitué de cinq jeunes jazzmen libres comme l'air qui ont fait le pari de détourner des mélodies populaires. La relève ne se prend pas la tête et c'est tant mieux.
Le trio Romano/Sclavis/Texier nous a habitué à un très haut niveau artistique. Après deux décennies d'oniriques déclarations d'amour à l'Afrique, les trois papes du Jazz français se lancent dans un nouveau défi en accueillant deux génies de l'improvisation : Bojan Z et Nguyên Lê. La valeur sûre de ce festival !

Harold Lopez-Nussa Trio + Mamani Keita Mali Cuba & Ambrose Akinmusire
11/04 20h30 Centre Culturel Jean Houdremont, La Courneuve

La réputation de Harold Lopez-Nussa n'est plus à faire. La sensibilité et la virtuosité du pianiste cubain révèlent la qualité d'une école d'antan. Après avoir sublimer la diva Omara Portuondo, son trio vous convie à un formidable échange avec la chanteuse prometteuse Mamani Keita.
Ambrose Akinmusire nous a séduit. A peine trente ans, et déjà, le talent et la classe des plus grands jazzmen. En 2007, le trompettiste a remporté l'un des plus prestigieux concours de jazz au monde, le Thelonious Monk International Jazz Competition, devant un jury d'excellence notamment composé de Quincy Jones et Roy Hargrove. Le parfum de la Note Bleue n'est jamais très loin pour ce virtuose, pure enfant du Jazz. Notre coup de coeur !

Playlist Paixao Hall #3

Une sélection musicale qui donne envie de se trémousser pour clôturer ce mois de carnaval !

Embarquement : Playlist Paixao Hall #3

1. Portela Na Avenida Clara Nunes
2.Tin Tin Daeo Dizzy Gillespie
3. Salve A Mocidade Elza Soares
4. Don't Stop The Carnival Sonny Rollins
5. Carnaval De Sao Vicente Cesaria Evora
6. Samba De Una Nota So Quincy Jones
7. La Vida Es Un Carnaval Celia Cruz
8. Sophisticated Ladies Samba Duke Ellington
9. Brasil berco dos imigrantes  Império Serrano
10. Harlem Samba Dizzy Gillespie


Carnaval de Rio 2012, le grand vainqueur !

La semaine dernière, nous vous présentions les écoles favorites pour remporter l'édition 2012 du Carnaval de Rio ! Après un magnifique défilé, récompensé d'un excellent score, le grand gagnant du carnaval est :
Unidos da Tijuca !


C'était un thème imparable qu'avait choisi Unidos da Tijuca en rendant hommage à Luiz Gonzaga, le roi du baiao, symbole de l'Etat de Pernambuco. 


Mêler le rythme de la samba avec du forro, il fallait oser, et surtout réussir. 
La samba enredo "O dia em que toda a realiza desembarcou na Avenida para coroar O Rei Luiz do Sertao" [le jour ou toute la réalité a débarqué dans l'avenue pour couronner le roi Luiz du Sertao" a soulevé la foule]. C'est une belle victoire pour la bleue et jaune qui gagne haut la main devant Salgueiro et Vila Isabel. Ce soir les tijucanos sont plus que jamais fières de leur école, ils fêtent leur victoire dans une ambiance euphorique et pensent déjà au thème de l'année prochaine...

Refrain :
" A minha emoçao vai te convidar
Cara Tijuca vem comemorar
"Inté Asa Branca" encontra o pavao
Pra coroar o "Rei do Baiao "
Par C.Pestana

Un biopic sur Thelonious Monk ?

Denzel Washington - Thelonious Monk


La rumeur nous est parvenue. Denzel Washington devrait interpréter Thelonious Monk au cinéma. L'acteur et réalisateur américain a affirmé qu'il souhaitait incarner le célèbre pianiste de jazz, le scénario serait même déjà écrit. 

L'intérêt prononcé du petit monde cinématographique pour le pianiste n'est plus vraiment une surprise. En 1988, Clint Eastwood avait produit un documentaire de Charlotte Zwerin consacré au jazzman [Thelonious Monk : Straight, No Chaser]. Jamais pourtant, la vie mouvementée de l'improvisateur ne fut exposée sur grand écran par un acteur tel que Denzel Washington. Il faut l'admettre, à 57 ans, le natif de Mount Vernon est une star. Avec une cinquantaine de films à son actif, il explose régulièrement le box-office. Dans sa brillante carrière, quelques chefs-oeuvre dont Glory [1990 - Oscar & Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle], Training Day [2002 - Oscar du meilleur acteur et nomination au Golden Globe dans la même catégorie] ou encore, Malcom X [2000 - Nominations à l'Oscar et au Golden Globe du meilleur acteur et Ours d'argent du meilleur acteur].


Toutes ces récompenses ne seront pas de trop pour endosser le costume de celui qui débuta comme pianiste des grands Dizzy Gellepsie, Bud Powell et Charlie Parker, avant de se voir retirer sa carte d'entrée des clubs par la police pour détention illégale de drogue. Le génie, qui parfois, pendant un show, n'hésitait pas à stopper net son improvisation pour se lever et danser en tournant sur lui même jusqu'à entrer en transe, est à l'origine de somptueux albums dont Monk's Music [1957 pour Riverside] et Underground [1968 pour Colombia].

Outre une ressemblance physique évidente, ce future biopic mettrait en lumière deux personnalités engagées de la communauté afro-américaine. Bien avant que Denzel débute dans l'art dramatique, à l'American Conservatory Theater San Francisco, en jouant Malcom X [in When the chickens come home to roost], Thelonious bouleversait son époque en instituant les prémices du bebop, avant de sen éloigner pour atteindre un nirvana insondable. Une anecdote en dit long sur le talent avant gardiste de Monk. Un jour que le pianiste George Shearing - aveugle de naissance - se rendait vers l'instrument sur lequel il devait répéter avant un concert, il entendit une musique singulière - jouée par Monk - et il aurait simplement déclaré : " Oh, je reviendrai lorsque l'accordeur aura terminé. "



Thelonious Monk passa les derniers années de sa vie chez  la baronne Pannonica de Koenigswarterbienfaitrice, mécène et réconfort des jassmen new-yorkais. Il ne parlait que très peu et n'osait plus toucher son piano. A l'issue fatale d'un pacte passé avec le diable, "Mélodius" Monk décéda d'une attaque cérébrale le 17 février 1982, après avoir offert à la postérité son plus bel ouvrage : PannonicaIl aurait eu 80 ans cette année.

Par Mathieu Beaufrère

Etats Généraux du Jazz en France (la suite)

Bien avant la chaleur de l'été nous nous faisions l'écho, ici même, de l'Appel à des Etats Généraux du Jazz en France orchestré par un collectif de professionnels et de spécialistes. N'écoutant que leur courage, ces vaillants défenseurs de la production et de la richesse culturelle française avaient rencontré le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand. Déjà quelques perspectives avaient vu le jour. 


Aujourd'hui un cap a été résolument franchi ! Le ministère a publié un communiqué faisant suite au petit-déjeuner que les rapporteurs du groupe de travail - Laurent Coq, Pierre de Bethmann et Alex Dutilh - ont partagé avec Frédéric Mitterrand et son équipe. Nous vous invitons vivement à lire le Rapport d'étape sur la situation de la filière du Jazz en France. L'organisation d'une journée de présentation du rapport et des débats a été évoquée. 
Le trio de choc a l'intention d'interpeller les candidats en lice pour l'élection présidentielle afin de tout mettre en oeuvre pour que ce dossier apparaisse prioritaire à la nouvelle équipe qui prendra ses fonctions au printemps. Laurent Coq l'écrit sur son blog : " A l'heure de la création d'un centre national de la musique, il est en effet urgent de réaffirmer l'absolu nécessité à maintenir une pluralité artistique en assurant aux musiques dites "de niche" un soutien et une visibilité qui sont grandement menacés aujourd'hui."

My funny valentine

Dans Les Contemplations, Victor Hugo écrit : " La Chanson la plus charmante Est la chanson des amours ". Le poète avait-il entendu Chet Baker chanter My funny valentine



Un murmure précède toujours la plainte. Ce qui pouvait apparaître, il y a bien longtemps, pour de la délicatesse, s'avère n'être en fait que fragilité. Toujours à la limite de la rupture. [ " Ma drôle de Valentine douce amusante Valentine tu fais souffrir mon coeur " ] Une douce ligne mélodique perdue dans les médiums, presque immuable et pourtant... au détour de la note bleue, la ballade prend forme. [ " Tes allures prêtes à rire Impossible à photographier mais tu es mon oeuvre d'art préférée " ] Une profondeur bouleversante se dégage peu à peu pour révéler La sensualité à l'état pur. Le flacon laissé ouvert par inadvertance, une vapeur sans artifice embaume l'atmosphère. [ " Mais ne change pas d'un cheveux pour moi non, si tu fais attention à moi reste, petite Valentine, reste chaque jour est celui de la Saint-Valentin " ] Telle se présentait la chanson la plus charmante que le Jazz ait vu naître. 


My funny valentine voit le jour en 1937, grâce aux talentueux Richard Rodgers et Lorenz Hart, pour la comédie musicale américaine Babes in Arms. En 1939 elle fait ses premiers pas au cinéma Hollywoodien  avec une nomination pour la meilleure musique de film. Réalisé par Busby Berkeley, le film conte l'histoire d'un groupe d'adolescents qui montent un spectacle pour éviter d'aller travailler dans une ferme. Les années trente : la fin de la prohibition, la magie de broadway et les premières stars du grand écran... réjouissant ! Seulement voilà, My funny valentine n'est pas décidée à en rester là. Elle a des rêves pleins les yeux. En moins d'un demi-siècle, elle s'impose avec délicatesse sur plus de 1300 albums, aux bras de plus de 600 artistes.



Les plus grands jazzmen ont essayé de l’amadouer, les plus téméraires ont réussi à la sublimer. En 1952, Chet Baker et Gerry Mulligan furent les premiers chanceux [ My funny valentine ] . L'année suivante, le séducteur Frank Sinatra parvint à l'enlever le temps d'un album [ Songs for Young Lovers ] et en 1962 Bill Evans et Jim Hall succombèrent à ses charmes [ Undercurrent ] . De 1956 à 1964, Miles Davis poussa le vice à la vertu en la transcendant à trois reprises [ Cookin' with the Miles Davis Quintet - Jazz at the Plaza - My Funny Valentine/The Complete Concert ] . En 1999, la belle revient à son premier amour pour accompagner au cinéma, Matt Damon, le nouveau Robert de Niro, dans The Talented Mr. Ripley.


Par Mathieu Beaufrère

Carnaval de Rio : les favoris pour 2012 !

Le carnaval approche à grands pas au Brésil, c'est l'heure des dernières répétitions pour les écoles de Samba. Plus que jamais elles sont prêtes à en découdre, à coup de batucada, sur le mythique Sambodrome de Rio ! Une rapide présentation des trois écoles favorites s'impose avant le lancement de la grande fête mondiale...

"G.R.E.S estaçao primeira de mangueira " :



Fondée en 1928, l'École Mangueira (manguier) est sans aucun doute, l'École star, la plus populaire de toutes. Avec 18 victoires au compteur, tout les ans l'annonce du thème choisit par les " mangueirense ", est un évènement. Et pour cause, leurs "Samba enredo" sont devenues des classiques du genre avec " Vale do Sao Francisco " (1948) ou " Cem Anos de Liberdade, Realidade o Ilusao "(1988). Leur ancien sambiste Jamelao est une des figures emblématiques du carnaval. L'École doit aussi beaucoup à ses nombreux et prestigieux collaborateurs qui ne sont autres que Gilberto Gil, Caetano Veloso ou Gal Costa.

Cette année, Mangueira a choisi de rendre hommage au bloco Cacique de Ramos avec le titre " Vou festejar, sous cacique, sou mangueira " ( je vais faire la fête, je suis Cacique, je suis de mangueira ) que l'on peut désormais écouter et télécharger sur le site officiel. L'École compte sur ses 4 fabuleux interprètes pour défendre son titre : Vadinho Freire, Luizito, Zé Paulo et Ciganerey.
En tête du classement de 2002 et troisième l'année dernière, cette fois-ci, La verte et rose croit en sa victoire !



"G.R.E.S Unidos da Tijuca" :




L'École Unidos da Tijuca, Fondée en 1931, a connût quelques difficultés dans les années cinquante puis dans les années quatre vingt lorsqu'elle voit ses  membres la quitter pour fonder leurs propres établissements.

Mais l'École au drapeau jaune et bleu va connaître un immense succès avec " O Dono da Terra " (1999), exaltant la culture indienne, première samba enredo gravée sur un disque. C'est dans les années 2000 qu'elle garantie sa place dans le trio de tête en présentant de magnifiques défilés, toujours dans un esprit inventif. Ils sont les premiers à avoir utiliser des chars allégoriques. 
En 2010, elle décroche enfin le titre tant convoité avec la samba enredo " E segredo " lors d'un défilé impeccable, plein de surprises qui remporte tous les suffrages. Aujourd'hui, Unidos da Tijuca est une des écoles les plus attendues sur le sambodrome Marques de Sapucai. 

Le thème choisi pour 2012 risque d'avoir un succès énorme puisque c'est un hommage à Luiz Gonzagua, " le roi du baiao ", pour le centenaire de sa naissance. Forro et Samba, un mélange qui fait déjà trembler ses adversaires !



"G.R.E.S Beija-Flor de Nilopolis " :


Voilà les grands champions de l'année dernière, grâce au thème " la simplicité d'un roi", Beija-Flor (colibri). C'est un peu la machine de guerre du carnaval. En gagnant dès leur premier défilé, cette école, fondée en 1948, se hisse très vite dans le trio de tête en brandissant les couleurs de son drapeau : Bleu et blanc.


Le rôle de Joasinho Trinta, directeur en 1976, a été déterminant pour l'École qui aime se faire connaître pour ses provocations. En 1989 elle surprend le public avec une réplique du Christ Rédempteur, le char est interdit mais défile tout de même couvert, avec une banderole sur laquelle on peut lire " même interdit, regardez-nous ", ce qui fait grande impression sur les spectateurs, et permet, cette année là, de remporter la deuxième place. L'Ecole a aussi fait scandale en baignant dans des affaires de corruptions, ou, en 1992, lorsqu'un couple défile dans le plus simple appareil, prétextant un hommage à l'oeuvre de Léonard de Vinci...

Le thème choisi cette année fait honneur à la ville de Sao Luis, capital do Maranhao, la terre natale de nombreux artistes tels que Alcione, Zeca Baleiro ou du Reggae brésilien. Tout le monde attend avec impatience les nouvelles frasques de la sulfureuse Beija-Flor !

Par C. Pestana

Classement des Ventes Jazz 2011

Le Syndicat National de l'Edition Phonographique, premier syndicat du disque en France, met les petits chiffres dans les grands et nous livre le palmarès des ventes Jazz de l'année 2011. Ce classement ne saurait être un indicateur qualitatif de la scène jazz, néanmoins, il témoigne de la très bonne santé et du renouvellement de sa production discographique.

Parus respectivement le 21 et le 23 septembre 2010,  Same Girl de Youn Sun Nah et Nikki de Nikki Yanofsky ont littéralement enflammé les bacs des disquaires et décrochent le titre de meilleures ventes Jazz en France. 

Parmi les nouveautés, Avishai Cohen se place en tête du classement avec son Coffret 3 volumes, suivit de près par le Standing on the rooftop de Madeleine Peyroux et A fable de Tigran HamasyanIbrahim Maalouf ferme la marche avec Diagnostic, mais il bénéficie d'un engouement tel que l'ordre établi pourrait être bouleversé d'ici peu ! 

Playlist Paixao Hall #2

Une Playlist 100% féminine, rencontre entre divas du passé et du futur...

Embarquement : Playlist Paixao Hall #2

1. Meu Ebano Alcione
2. Straight No Chaser Rachel Gould / Chet Baker
3. Na Ri Na Lura
4. I Know You Know Esperanza Spalding
5. Vide Gal Daniela Mercury
6. The Very Thought Of You Billie Holiday
7. Canto Das Três Raças Clara Nunes
8. Lady's Back in Town Laïka Fatien
9. Fulaninha Luisa Maita
10. Gentle Rain Astrud Gilberto

Cesaria Evora, a diva sem fronteiras

Grâce à elle, le monde entier a appris à situer le Cap-Vert sur une carte. "Cabo Verde", cet archipel de dix petites îles, anciennes colonies portugaises, perdues dans l'océan Atlantique au large de l'Afrique. Pourtant, encore aujourd'hui après son décès en décembre dernier, peu mesurent la véritable ampleur et le talent que possédait la diva.  Car Cesaria Evora était bien plus qu'une simple chanteuse folklorique, popularisée par quelques tubes à vous fendre le coeur. Elle était  le chant des rires et des larmes, Billie Holiday et Ella Fitzgerald réunies sous un même soleil tropical.



Figures anachroniques et tragiques de la musique, Cesaria Evora et Billie Holiday naissent toutes les deux dans une famille pauvre avant de connaitre l'orphelinat et le couvant. La maman cap-verdienne  est une modeste cuisinière à Mindelo, petite ville commerçante de Sao Vicente, tandis que la new-yorkaise survit dans les bordels.  Leurs pères, les guitaristes Justino Da Cruz Evora et Clarence Holiday, écument les bals populaires de l'île et les clubs miteux de Harlem. La misère paraît plus belle au soleil. 

Adolescente, Cesaria Evora rencontre Eduardo, un beau marin  qui l'initie à la musique. Elle débute sa carrière aux fameux Calypso et Café Royal de l'avenue de Lisbonne, des bars de la ville ou les rémunérations se font à coup de grogue, l'alcool des pauvres. Sans le savoir, la diva "dos pés descalços" possède déjà en elle un incroyable talent et marche sur les pas de Billie Holiday. "Lady Day", comme l'a surnommait Lester Young, avait attendu de rencontré l'un des grands amours de sa vie, le saxophoniste Kenneth Hellon, pour chanter dans l'Amérique en crise des années 1930. La vie n'était pas rose mais les clubs, ouverts du soir au matin, offraient une subsistance. L’alcool et la drogue pourvoyaient au reste.

Une enfance aux multiples similitudes, des débuts tout aussi chaotiques précédant le titre qui allait apporter un succès au delà de toutes espérances. En mars 1939, le jeune professeur de lycée Abel Meeropol sous le pseudonyme Lewis Allan, écrit un poème et le propose à Billie Holiday. "Strange Fruit", métaphore du lynchage des noires pendus aux arbres du Sud, fait le succès de la chanteuse.
En 1973, deux ans avant l'indépendance, le révolutionnaire Amilcar Cabral est assassiné. Le Cap-Vert perd son héros national et s'enfouit un peu plus dans la pauvreté et l'alcool. Cesaria est découragée par sa vie de bohème, elle a le "spleen" des mauvais jours. Le sien dure près de dix années ténébreuses ou elle murmure sa mélancolie, sa tristesse et la destinée tragique qui s'étale sous ses pieds dures. "Sôdade", la nostalgie, raisonne dans le coeur des 500 000 cap-verdiens exilés aux quatre coins du monde. 


Pourtant, les multinationales du disque ne facilitent pas l’essor de Cesaria. Ils jugent le physique de la chanteuse disgracieux et peu vendeur. Mais son sale caractère, sa timidité chevillée au corps et son embonpoint certain ne sauraient être un obstacle à cette reconnaissance inespérée. Des grosses mamas à la voix fabuleuse, les producteurs en avaient vu d'autres. Cesaria Evora serait la Ella Fitzgerald de la "morna", cette ballade mélancolique que les esclaves d'Angolas ramenèrent vers le Brésil et le Portugal. Les premiers albums sont enregistrés en studio, Cesaria, qui n'a pas abandonné ses penchants addictifs, est prête à goûter la vie qu'elle pensait ne jamais avoir. Sa carrière explose avec l'album Miss Perfumado et ses 300 000 exemplaires vendus. en 1991, le New Morning lui ouvre ses portes, c'est la consécration. 



Sous son grain de voix fabuleux et ses mélodies mélancoliques, toute la communauté lusophone est entrée en communion avec le reste du monde. Ensemble ils ont vibré à l'écoute de l'une des voix noires les plus exceptionnelles qu'il leurs ait été donné d'entendre. Cesaria Evora, sera pour toujours, plus qu'un mastodonte au coeur abîmé, une diva sans frontières. 


Festival Sons d'hiver



Du 27 janvier au 18 février, Sons d'hiver fait son festival avec un plus d'une demi-douzaine  de soirées et le double de concerts ! Paixao Hall a passé le tout au peigne fin pour ne garder que le meilleur et vous présenter ce qu'il ne faudra manquer sous aucun prétexte ! 

Pura Fe chante le blues comme peu savent le faire. Le ton peut être confidentiel, proche du susurrement, ou radieux, sans jamais se départir de cette capacité propre au blues de traduire par des éraillements sensuels les moments troubles de l'existence. Issue de la Tuscarora Nation, peuple de caroline du Nord, Pura Fe revendique un blues né au confluent de trois sources : africaine, européenne et aussi indienne. Elle chante en vrai blueswoman la vie de son époque, proclame son attachement à la justice et aux droits des femmes. Ses origines indiennes confèrent d'ailleurs à son style une poésie à la fois naturaliste et cosmogonique. Avoir des racines vous aide à mieux prendre le vent du présent. 
27/01 Cachan Théâtre de Cachan - Jacques Carat 

Archie Shepp
Amarco Trio : Les éclectiques Vincent Courtois (violoncelle) et Guillaume Roy (alto) réunis autour de la contrebasse de Amarco dans une alchimie parfaite associant les suggestions des rêves au plaisir le plus immédiatement charnel de la musique, pour créer de fascinantes estampes sonores. 
Benoît Delbecq sextet Crescendo in Duke Benoît Delbecq ne cesse, depuis plus d'une vingtaine d'années, d'arpenter le champ jazzistique. L’hommage ellingtonien offre une relecture de compositions connues et mêmes inconnues du Maître. 16/02 Ivry-sur-Seine Théâtre d'Ivry - Antoine Vitez

Pharoah & The Underground SAO PAULO / CHICAGO Underground feat. Pharoah Sanders
Pharoah Sanders, l'apôtre du free jazz, toujours à la pointe de l'avant garde musicale, n'est jamais meilleur que lorsqu'il laisse éclater sa surpuissante joie de jouer. Cette rencontre-ci, avec quelques contrebandiers de la musique underground nous fait bien des promesses.17/02 Créteil Mac Créteil Maison des Arts

Archie Shepp / Joachim Kühn
La signification musicale et artistique de ce duo va bien au-delà de la rencontre entre deux individus, tant chacun d'eux symbolise deux continents, deux cultures qui se sont notamment mises à dialoguer et à vivre ensemble grâce au jazz. L'Europe, à l'histoire culturelle patiemment élaborée et l'Amérique noire, culture apparue dans le fracas historique de deux civilisations entrées en collision. 
Duo de géants, donc, s'il en est. Joachim kühn et Archie Shepp sont faits pour tisser les contrastes : nonchalance/intensité, épure/volubilité, douceur/acidité, âpreté terrienne/légèreté aérienne. Les mélodies et les timbres du piano romantique se transforment imperceptiblement en attaques percussives, unissant l'approche de Béla Bartok et celle de Mal Waldron, offrant un écrin de braises aux flamboyances blues et free de l’incendiaire saxophone. 18/02 Créteil Mac Créteil Maison des Arts


Programmation complète et renseignements sur http://www.sonsdhiver.org/